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Comment fabrique-t-on un handpan ? Les secrets révélés

Portrait d'Ambre Montespan, la rédactrice du Blog d'Instruments du Monde

Publié par Ambre Montespan le 16 déc. 2024 · Mis à jour le 15 oct. 2026

Comment fabriquer un handpan ? Les secrets révélés

Sommaire :

Vous vous intéressez au handpan ? Vous vous demandez comment cet instrument de musique produit de telles sonorités ? Comment les artisans arrivent-ils à fabriquer un handpan ou un Hang drum ? Quels outils et quelles technologies servent à créer cet objet sonore ?

Depuis que j’ai découvert l’univers fascinant du handpan, il y a maintenant plus de 10 ans, j’ai eu l’occasion d’échanger avec différents fabricants et de visiter quelques ateliers artisanaux. J’y ai observé plusieurs méthodes utilisées pour concevoir cet instrument à percussion. Je peux donc vous expliquer, étape par étape, comment se fabrique un handpan.

Pour fabriquer un handpan, il faut sélectionner le métal, puis lui donner une forme de dôme. Ensuite, les différentes notes sont accordées pendant de longues heures avant que les finitions soient appliquées, une fois les deux coques collées.

En lisant cet article au complet, vous apprendrez :

  • Pourquoi la fabrication d’un handpan reste relativement secrète et mystérieuse
  • Comment est fait un Hang drum

Ainsi, lorsque vous aurez un handpan entre les mains, vous saurez exactement le temps et les moyens nécessaires pour obtenir un tel résultat. Vous pourrez aussi informer les personnes autour de vous qui s’interrogent sur la réalisation de cet objet sonore unique.

Entrons maintenant dans le vif du sujet.

Un handpan dans un atelier de fabrication

Pourquoi la fabrication de cet instrument reste-t-elle mystérieuse ?

Quand il est question de trouver des informations sur les techniques de fabrication des handpans, elles étaient encore très rares il y a quelques années. Même maintenant, il reste parfois assez difficile d’obtenir des détails. C’est plutôt logique, puisque les fabricants gardent généralement leurs secrets de fabrication bien protégés. À l’origine, la société PANArt qui a inventé le Hang entre 1999 et 2000 a très peu communiqué sur les procédés de fabrication. Et depuis que cette société est entrée en conflit juridique avec tous les autres fabricants de handpans du monde depuis 2020 pour des questions de propriété intellectuelle, il est très probable que les techniques de fabrication du Hang restent secrètes.

Ainsi, les artisans qui ont commencé à produire beaucoup de handpans à partir de 2007 ont dû presque repartir de zéro pour fabriquer leurs propres instruments. Il est donc normal qu’un certain secret ait entouré la conception de cet objet sonore, même si, depuis quelques années, plusieurs artisans ont accepté d’ouvrir leurs portes pour montrer quelques-unes des techniques qui leur permettent de produire des handpans. Ce sont ces techniques que nous allons voir maintenant.

Comment est fait un Hang drum ?

Pour faire un Hang drum ou un handpan, il faut d’abord choisir le métal utilisé dans sa conception, puis former les coques d’acier, forger et accorder les notes, coller les coques ensemble et, enfin, procéder aux finitions. Voyons chacune de ces étapes dans l’ordre.

Un artisan martelant un handpan avec un marteau

Comment choisir le métal avec lequel sera fabriqué le handpan ?

La sélection du métal pour le handpan est un critère déterminant, puisqu’elle influence les sonorités finales de l’instrument, mais aussi son sustain, c’est-à-dire la durée d’une note une fois jouée par le percussionniste. Traditionnellement, le fabricant a deux choix :

  • De l’acier classique qu’il faudra nitrurer par la suite
  • De l’acier inoxydable

Il existe aussi un autre type d’acier plus récent appelé acier Ember, mais il s’agit en réalité d’un acier inoxydable qui possède d’autres propriétés que l’acier inoxydable classique. Consultez cet autre article si vous voulez savoir avec précision quels sont les effets d’un acier sur le handpan. Pour l’artisan, le type d’acier influence aussi les techniques de fabrication, puisque l’acier utilisé réagit différemment aux contraintes exercées et demande une température plus ou moins élevée lors de son passage au four. Une fois le type d’acier choisi, il faut lui donner sa forme caractéristique de dôme. Regardons cela de plus près.

Comment former les coques d’acier de cet instrument à percussion ?

Au départ, le futur handpan n’est qu’une simple feuille d’acier parfaitement plate de 1 à 1,2 mm (0,04 à 0,05 po) d’épaisseur. Avant de lui donner la forme voulue, cette feuille peut faire l’objet d’un polissage si le professionnel estime qu’elle n’est pas suffisamment lisse. Avec le temps, les artisans ont développé plusieurs techniques permettant de transformer cette feuille en une coque convexe. Il s’agit du martelage manuel, du repoussage, de l’emboutissage ou encore de l’hydroformage. Chacune de ces techniques est présentée ci-dessous.

1 – Le martelage manuel : quel marteau pour modeler un handpan ?

Le martelage manuel est, comme son nom l’indique, la méthode la plus artisanale, car l’artisan utilise soit sa force physique avec un marteau, soit un outil pneumatique appelé un fouloir, une sorte de marteau-piqueur qui ne dégrade pas le métal. Concrètement, la feuille de métal est maintenue fermement dans un support permettant au métal de s’enfoncer. Des marques servent de repères à l’artisan, puis des milliers de coups de marteau sont donnés pour obtenir cette fameuse forme de dôme.

Cette méthode présente l’avantage d’exiger très peu d’équipement, car des fouloirs pneumatiques peuvent se trouver pour quelques centaines de dollars canadiens d’occasion et quelques milliers neufs. De plus, les marteaux 100 % manuels pour former le handpan sont très accessibles et sont souvent des outils conçus au départ pour d’autres usages. Certains sont même faits en bois. Par ailleurs, comme le formage de la coque est manuel, le résultat final n’est jamais exactement le même, ce qui peut avoir un certain charme, mais peut aussi créer de l’incompréhension chez l’acheteur qui ne retrouve pas nécessairement les mêmes sonorités que dans des vidéos de présentation.

Il faut aussi savoir que ce type de travail est très exigeant pour l’artisan, même avec l’aide de la technologie pneumatique. Ainsi, de nombreux professionnels choisissent d’acheter directement des coques déjà formées auprès de fabricants plus importants. Un lot de coques supérieures et inférieures s’achète donc pour moins de 250 $CA, ce qui peut représenter un compromis intéressant pour l’artisan qui ne souhaite pas accomplir cette tâche longue et difficile. Découvrez une vidéo montrant, à une vitesse multipliée par 50, la réalisation d’une coque de handpan par martelage manuel.

2 – Le repoussage

Le repoussage ressemble à la méthode manuelle, dans la mesure où un bras entièrement pneumatique vient appuyer sur le métal pour lui donner sa forme de dôme. Un peu comme avec un tour à commande numérique, la feuille de métal tourne sur elle-même à grande vitesse pendant que le bras appuie peu à peu, en effectuant plusieurs allers-retours et en appliquant une force uniforme. Cette méthode offre une bonne régularité tout en demandant peu d’efforts humains. En revanche, elle reste assez longue pour concevoir une seule coque. Vous pouvez voir cette technique de fabrication dans la vidéo ci-dessous :

3 – L’emboutissage

L’emboutissage est la méthode la plus utilisée à ce jour grâce à sa simplicité et à sa rapidité. C’est d’ailleurs celle que la société PANArt avait choisie à l’origine pour concevoir le Hang. Le principe est très simple. Deux moules, un mâle et un femelle, de forme convexe, sont placés de part et d’autre de la feuille de métal. Puis, une presse hydraulique écrase cette feuille pour lui donner exactement la forme des moules. Il est donc possible d’obtenir une coque en seulement quelques secondes. Regardez la vidéo ci-dessous, le résultat est impressionnant :

4 – L’hydroformage

L’hydroformage est très similaire à l’emboutissage, sauf qu’au lieu d’utiliser un moule femelle pour appuyer et bomber la feuille de métal, on utilise ici de l’eau sous pression. La pression est tellement forte qu’elle parvient à repousser le métal pour lui donner la forme du moule situé en dessous. Parfois, il n’y a même pas de moule placé en dessous, seulement un capteur qui détecte que le métal a atteint la bonne forme. La rapidité et le résultat sont presque identiques à l’emboutissage. Le choix entre ces deux dernières technologies dépend surtout du coût d’achat initial et de l’entretien régulier pour le fabricant. Je n’ai pas réussi à obtenir des informations fiables à ce sujet, mais vous pouvez observer le fonctionnement d’une telle machine dans la vidéo ci-dessous :

De quelle manière faut-il élaborer les notes du Hang ?

Une fois le métal en forme de dôme, il faut réaliser les notes de musique. Pour cela, les fabricants placent les notes sur l’instrument à l’aide de patrons aimantés ou simplement avec des marquages au feutre faits à la main. Selon les notes choisies, le handpan aura une gamme bien définie qui ne pourra pas être changée par la suite. C’est aussi à ce moment que la fréquence de l’instrument, souvent sélectionnée entre 440 et 432 hertz, est déterminée.

Ensuite, les professionnels réalisent d’abord les dimples, c’est-à-dire les fossettes bien régulières présentes au centre de chacune des notes. Ces fossettes ne sont pas régulières par hasard, car elles sont presque toujours réalisées à l’aide d’une presse hydraulique, même si certains le font aussi manuellement avec un marteau. Les artisans utilisent habituellement de grosses billes en métal qui viennent appuyer sur la coque pour lui donner la forme caractéristique des dimples. Le centre du ding, la note centrale, se réalise de la même manière.

Ensuite, il faut modeler les tonefields des notes et le shoulder du ding. Il s’agit de la zone plate qui entoure les dimples et le ding. C’est à cet endroit que tout le travail et l’expertise de l’artisan se concentrent. Il faudra des milliers de coups de marteau entièrement réalisés à la main pour obtenir les sonorités voulues. En général, l’artisan utilise un accordeur stroboscopique, beaucoup plus précis qu’un accordeur classique. Ainsi, chacune des notes est accordée selon la gamme prévue par l’artisan. C’est sur ce point précis que résident les secrets de fabrication de tous les fabricants de handpans, chacun conservant sa propre technique pour obtenir les meilleures sonorités, les meilleures harmoniques et le moins d’interférences possible entre les notes. Il s’agit d’un travail d’une immense précision et très long. C’est en grande partie pour cela que le prix d’un handpan est si élevé. Visionnez une vidéo du martelage des notes en accéléré juste ici :

Mais une fois le premier accordage terminé, le travail est loin d’être fini pour l’artisan. En effet, une fois les notes du handpan formées, elles sont soumises à une forte tension mécanique totalement invisible, puisque le métal veut reprendre sa forme d’origine. À cause de cela, les notes ont tendance, un peu comme un élastique, à revenir très légèrement vers leur configuration initiale. Le métal tend donc, à la longue, à se déformer tout seul. Cette déformation sera invisible à l’œil nu, mais entièrement perceptible à l’oreille, car l’instrument se désaccorde progressivement.

Pour contrer cet effet, une fois le handpan accordé, il est soit placé dans un four à environ 200 °C pendant quelques heures, soit chauffé à l’aide d’une torche industrielle ou d’un chalumeau durant quelques minutes. Les fours utilisés sont exactement les mêmes qu’en poterie et s’appellent aussi des tourailles. La chaleur a pour effet d’accélérer cette tendance à la déformation du métal. Puis, les artisans laissent reposer la coque pendant quelques jours à plusieurs semaines. Une fois l’attente terminée, un nouvel accordage est réalisé. Enfin, il se peut que plusieurs allers-retours entre accordage et sources de chaleur aient lieu. En effet, plus le handpan a subi de « cuisson », plus il aura tendance à rester stable dans la durée sur les notes qu’il émet, parce que le métal sera bien figé dans la configuration imposée par l’artisan. Sauf, bien sûr, en cas de choc violent sur l’instrument.

Pour la coque inférieure, l’orifice du dessous, appelé le Gü, est réalisé simplement en perforant un trou au milieu de cette coque et en l’agrandissant pour que la partie saillante du métal se replie vers l’intérieur de l’instrument. Pour éviter qu’elle reste tranchante, cette partie est limée puis recourbée avec un marteau. Le Gü, en plus d’améliorer l’acoustique et la résonance du handpan, permet aussi à l’artisan de procéder à un éventuel dernier accordage une fois les deux coques assemblées. Parfois, il existe des notes modelées sur la coque inférieure, appelées bottom notes. Elles sont réalisées exactement de la même manière que celles sur la coque supérieure. Tout le talent de l’artisan consiste alors à ne pas créer d’interférences en ajoutant ces notes supplémentaires.

Un professionnel concevant un handpan avec des outils

De quelle façon les deux coques convexes sont assemblées pour créer un handpan ?

Maintenant que les deux coques du handpan sont finalisées, il faut les joindre pour former l’instrument. Pour ce faire, les artisans utilisent simplement une colle forte qu’ils appliquent sur les deux rebords des coques. Les deux coques sont donc jointes de cette façon, puis des dizaines de petits serre-joints sont installés tout autour du handpan afin de laisser le temps à la colle de fixer l’ensemble. Après quelques heures ou quelques jours, selon la colle employée, les serre-joints sont retirés et le surplus de colle ayant débordé est enlevé. À ce stade, le handpan est pleinement fonctionnel, même si le fabricant peut procéder à un nouvel accordage avec un petit marteau ou, à tout le moins, vérifier que l’instrument est toujours bien accordé.

Comment sont réalisées les finitions sur cet objet sonore ?

Dernière étape de la fabrication d’un handpan : les finitions. Celles-ci peuvent se résumer à quelques éléments de design. Certains artisans, qui sont aussi des artistes dans l’âme, ajoutent des gravures. Plus rarement, certains appliquent une peinture sur l’instrument. De plus, un ruban de protection en caoutchouc et/ou en corde tressée peut être ajouté sur le rebord du handpan. Cela peut aussi lui donner un certain style. Enfin, l’instrument est nettoyé à l’alcool et entretenu à la cire ou à l’huile pour que le handpan reste en bon état jusqu’à ce qu’il trouve son futur propriétaire.

Procurez-vous un handpan réalisé à la perfection

Objet entouré de mystère, le handpan est un instrument dont la fabrication prend du temps et suit des étapes bien déterminées, dont certaines demandent beaucoup de talent et d’expérience. Maintenant que vous avez lu cet article, vous connaissez absolument tout ce qu’il faut savoir au sujet de la réalisation du handpan.

Cependant, vous avez bien compris dans cet article que l’élaboration de cet instrument à percussion ne s’improvise pas. Le handpan demande une grande précision afin de produire un exemplaire de qualité, capable de générer des vibrations et des sonorités harmonieuses. Si vous souhaitez vous procurer un handpan, je recommande le professionnalisme de la société Instruments du Monde, qui propose plusieurs dizaines de handpans haut de gamme, comme cet excellent exemplaire de 10 notes dédié à la méditation.

Découvrez ce fabuleux handpan en cliquant sur l’image ci-dessous :

Toutes les informations au sujet de la fabrication concernent uniquement les handpans acoustiques. Toutefois, il existe aussi des handpans électroniques qui sont très intéressants à découvrir. Lisez donc mon article consacré à cet instrument 100 % numérique.

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3 commentaires

Rodolphe SUJAT

22 avr. 2026

Bonjour Ambre,

Superbe reportage !

Peux-t-on trouver des formations pour la conception et réalisation complète de Handpan ?

Merci

Rodolphe

Portrait d'Ambre Montespan, la rédactrice du Blog d'Instruments du Monde

Ambre Montespan

22 avr. 2026

Bonjour Rodolphe,

Il n'existe pas, à ma connaissance, de formation en ligne où il serait possible d'apprendre à fabriquer un handpan. Il s'agit plutôt de techniques artisanales qui se transmettent directement de professionnels à professionnels ou tout simplement d'une expertise qui se développe et s'améliore au fil du temps.

Cordialement

stéphane

13 janv. 2026

Bonjour Ambre,
Désolé je voulais parler de la réalisation du “trou appelé Gu dans la partie inférieure du handpan pour amplifier le son” et qui est roulé à l’intérieur pour que cela soit agréable quand on tient l’intrument par le “Gu”.
Merci par avance et bonne journée.

Portrait d'Ambre Montespan, la rédactrice du Blog d'Instruments du Monde

Ambre Montespan

13 janv. 2026

Bonjour Stéphane,

Les artisans utilisent des outils pour repousser le métal vers l'intérieur du handpan, puis retravaillent la courbure au marteau afin d'éviter que le musicien ne se blesse avec l'instrument lorsqu'il le saisit par le Gü.

Cordialement

Stéphane

6 janv. 2026

Merci c’est très intéressant ! Savez-vous comment sont fabriqués les roulés des fonds des handpans ? Cela me semble encore plus mystérieux !

Portrait d'Ambre Montespan, la rédactrice du Blog d'Instruments du Monde

Ambre Montespan

6 janv. 2026

Bonjour Stéphane,

Qu'entendez-vous par "les roulés des fonds des handpans" ?

Dans l'attente de votre réponse.

Cordialement

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